lundi 31 août 2026

Illustrer les jeux dans la grange

Une idée que je poursuis, considérer l'image et le texte comme deux modalités d'existence d'une même démarche de re-présentation. Ainsi de l'évocation des jeux de deux enfants dans Naissance de Grange neuve.

Ce texte n'est pas une fiction, Gisèle et Gérard m'ont confié le même souvenir. Ils m'ont offert l'anecdote. Je connaissais les lieux, du moins tels qu'ils étaient bien des années plus tard, plus de soixante ans après les gambades dans le foin.
Il ne restait plus qu'à confier au dessin la reconstitution de ce moment de jeu en l'inscrivant dans le vrai décor.

"Là, vers 1940, dans cette grange remplie de fourrage, deux enfants d'une dizaine d'années avaient pris l'habitude de venir se retrouver pour jouer en secret. Ils grimpaient à une mauvaise échelle de bois et, du haut de la mezzanine, sautaient en riant sur le foin craquant et doré."
Naissance de grange neuve, p. 105

La paille, on le voit y occupe une grande place. Elle est la matière même du souvenir comme ont pu l'être les draps blancs de La Strada ou la neige de Citizen Kane. La même matière revient sur une tonalité légèrement différente dans Jean dans le foin dont l'action (qui est cette fois une fiction) prend pour cadre la même grange.

"Il était maintenant dans la grange obscure. Le front luisant, il remuait le foin avec hâte et précaution, le saisissait à pleines brassées et le faisait voler haut par-dessus sa tête. La paille brillait en retombant, traversée par les rayons du soleil qui passaient entre les maigres fenêtres du mur épais de la grange."
Jean dans le foin, p. 112

vendredi 28 août 2026

Une matinée de dédicaces chez Caumes des livres

Une séance de dédicaces est toujours une aventure, on ne sait jamais ce qui peut advenir, ainsi de ce Monsieur qui, tout sourire, vient acheter le recueil des Petites histoires. "Pour l'offrir à un ami", dit-il.  Par hasard, je connais l'ami qui, la veille, s'est procuré le livre. "Qu'à cela ne tienne, répond mon visiteur, je le lirai moi-même !"

Un grand merci à l'accueillante équipe de la librairie Caumes des livres pour cette matinée de dédicaces, pleine de longs échanges, de partages d'anecdotes et du doux souvenir des histoires que les anciens racontaient en baissant la voix.

Les Petites histoires presque vraies restent disponibles à la librairie Caumes de livres, 8 Place du Mandarous, Millau.

mardi 25 août 2026

Dédicace à Millau le 28 août

La librairie Caumes des livres ouvre ses portes aux Petites histoires presque vraies, 8 Place du Mandarous à Millau de 10h à 12h 30. Le livre y est dès à présent en vente.

L'auteur donne rendez-vous à ses futurs lecteurs pour des moments d'échange autour de ses textes et de ses illustrations pour autant de brèves rencontres avec l'autre auteur du livre, son lecteur. 
Un stand, deux, trois minutes à la recherche d'une connivence pour que naisse, on l'espère, un désir de lire.

Il me revient quatre vers de Paul Valéry que tout passant peut lire au fronton du Palais de Chaillot :

Il dépend de celui qui passe 
Que je sois tombe ou trésor 
Que je parle ou me taise 
Ceci ne tient qu'à toi 
Ami n'entre pas sans désir.

Ami lecteur, ne lis pas sans désir ... 



lundi 24 août 2026

Genèse de la Une

Le plaisir, et le défi, d'illustrer sont complets dans l'aventure de la création de la Première de couverture.
Relativement peu de place, une seule image qui doit composer avec du texte. La contrainte, dit-on, est un aiguillon.

Voici les quatre projets de Première pour les Petites histoires presque vraies, une négociation le plus souvent à trois, entre auteur, illustrateur et éditeur, réduite à deux quand l'auteur illustre son texte.

Le corbeau qui vitupère l'a emporté, plein de force et de vie. Mais à chacun sa vérité de couverture ...

mercredi 19 août 2026

La rentrée scolaire des Petites histoires

Et si les petites histoires presque vraies faisaient leur rentrée des classes ?
Un dernier onglet complète la présentation de ce recueil. A découvrir sous Lectures.

Que se cache-t-il derrière ces souvenirs, cette chronique et ces textes qui appartiennent à des genres si différents ? Quelle continuité peut-il exister entre l'écriture, les lecture et cette vie que l'on dit réelle ? 
Et si le petit garçon qui s'inquiète pour l'existence du conte, si la chèvre disparaît, se posait la bonne question dans La vraie chèvre de Monsieur Seguin ?

Est-il vraiment si facile de faire des contes ?

dimanche 16 août 2026

Les racines et les sources

Mais en quoi ces petites histoires sont-elles presque vraies ? Pourquoi ce presque un peu joueur qui semble s'amuser du doute qu'il installe ? Une chronique rêvée, des contes défaits, des histoires presque vraies …  
Et s'il s'agissait précisément d'entrer dans ce jeu entre réalité et fiction ? Rien d'autre qu'une invitation au plaisir de lire, parfois entre les lignes, comme entre les lames des persiennes.
 
Pour commencer à répondre à ces questions et offrir quelques pistes, un nouvel onglet, nommé Sources, est maintenant accessible sur le site des Petites histoires presque vraies.
 
Consultez le menu 

vendredi 14 août 2026

Le 15 août de "Nos veillées"

Quand la mémoire dessine ... 

Il existe un 15 août dans les Petites histoires, il est raconté dans "Nos veillées".

 "A la fin du repas, Maurice frappe à la porte. Il entre, et salue Marinette en portant son chapeau à son cœur. Il lui tend en souriant un petit bouquet de son jardin. Les voici tous les deux face à face, muets et comme figés dans leur tendre peine. Ils s'étreignent soudain dans le même sanglot. Je ne sais lequel des deux s'est repris le premier. 
Nous savions tous que Maurice était venu partager un dernier 15 août avec Marinette. Comme chaque année, il lui avait offert quelques fleurs et avait pris sa place autour de la table. Et, s'il ne devait plus y avoir pour lui d'autre fête de Marie, au moins lui avait-il encore offert celle-ci."


Quand la mémoire dessine

Evoquer des souvenirs anciens, ex vocare, les appeler par la voix, ainsi va le texte. 

Mais qu'en est-il de l'image ? 

Choses vues il y a si longtemps ou transmises en quelques mots, d'autres fois imaginées. Il n'en reste en mémoire que des silhouettes aux contours flous, fugitives et rebelles au crayon, images fantômes qui ne se laissent pas re-présenter.


L'aquarelle a cette vertu d'être par nature une image en fuite, comme dans les poèmes de Paul Verlaine où "l'indécis au précis se joint".

Travailler dans le mouillé, laisser les ombres mouvantes se placer, avec leur aura imprécise, les inviter, les piéger peut-être, saisir à la volée les contours qui se forment et accepter que l'image complète se dérobe, comme, en asymptote, une inaccessible Ithaque.

Les ocres, les sépias et les bruns, coutumiers des photos anciennes qui se délavent, sont ici les pigments de la mémoire qui lutte contre l'oubli et la dissolution.

Certaines illustrations n'apparaissent pas ici mais elles m'ont aidé à écrire. J'aime à écrire ainsi, en suivant un équilibre entre texte et image qui s'appellent l'un l'autre et se complètent si bien que l'on ne saurait dire lequel des deux est le prolongement de l'autre.

dimanche 2 août 2026

Le corbeau de la Galerie 14


Les Petites histoires presque vraies sont désormais en vente à la Galerie 14 de Saint-Jean du Bruel, face aux halles précisément, et se trouvent tout à fait à leur place dans un espace qui pourrait porter même devise, aucun détour ne ment.

Les grandes sections et La dernière pomme d'Agussol

Ce jeudi 10 septembre, seconde rencontre avec les élèves de l'école Marie-Laurence Quatrefages. Les CM1 et CM2 s'interrogeront sur l...